Un peu d'histoire
!
Les textes viennent
pour la plupart du temps, de l'office du tourisme ou d'articles trouvé
ici et là.
1935 : La commune de Rivesaltes, desservie par une voie ferroviaire, à 40 km de la frontière espagnole, occupe une position stratégique. A 5 km environ de Rivesaltes, dans une plaine faite de végétation aride et de rocaille, l'armée prend possession d'un espace de 612 hectares à cheval sur Rivesaltes et Salses,pour y édifier un camp dont la vocation initiale est d'être un centre militaire d'instruction. Ce sera le camp Joffre dont la construction ne débutera que 3 ans plus tard.
1939
: A cette époque, la surface bâtie est de 39 hectares et comprend
16 îlots dont 9 seulement sont aménagés.
Desservis par des allées caillouteuses, les blocs, désignés
chacun par une lettre de l'alphabet, sont en fibrociment, les toits recouverts
de briques.
De part l'entrée en guerre de la France, le CAmp Joffre devient un
lieu de transit pour les militaires du département en attente d'affectation.
1940 :
Arrivée des premiers "étrngers" : Républicains
Espagnols, Indochinois, militaires indigènes coloniaux (tirailleurs
sénégalais et annamites).
Ils formeront les premières "compagnies de travailleurs étrangers".
Juin 1940
: Signature d'un armistice : la France est coupée en deux et les
camps situés en " zone libre ", c'est-à-dire sous
latutelle du gouvernementde Vichy, passent sous la surveillance du Ministère
de l'Intérieur.
La défense Nationale met 600 hectares (sur les 612 ha) à la
disposition de la préfecture des Pyrénées Orientales.
La capacité d'hebergement est évaluée à environ
17 000 à 18 000 personnes.
1941
: Réquisition de la plupart des îlots pour en faire un "centre
de regroupement familial" et arrivée des premiers internés
: Tziganes, Républicains Espagnols et Juifs de diverses nationalités
qui viennent des autres camps de la zone libre.
Les femmes sont regroupées avec leurs enfants de sexe féminin
et leurs fils de moins de 14 ans. Aux dessus de cet âge, ils vivent
avec les hommes.
Les baraquements sont aménagés avec des couchettes superposées,
sans hygiène et sans électricité.
Le manque de nourriture et les vêtements en loques font des ravages
malgré le soutien des associations caricatives qui organisent une
part de la vie du camp : distribution de vivres et de vêtements, soins
aux malades, mise en place de foyers, d'écoles, de jardind'enfants
et de bibliothéques.
1942
: Le gouvernement de Vichy cède aux exigences des Allemands. Les
îlots K et F deviennent le "centre national de rassemblement
des Israélites", c'est-à-dire un centre de triage et
de transit des Juifs de la zone sud avec pour certains une destination finale
: Drancy.
Jusqu'à sa fermeture en novembre 1942, ce centre verra passer 19
509 personnes.
Novembre 1942
: Le camp vidé de ses populations tzigane et juive, à la suite
de l'invasion de la zone sud par les Allemands, redevient un camp militaire.
Il sera encore utilisé après la libération pour la
détention de prisoniers de guerre allemands et de collaborateurs.
1962 : A l'Indépendance de l'Algérie le camp sera un "centre d'hebergement" provisoire pour les Harkis qui seront abrités sous des tentes.
1963
: Le camp devient le centre de formation d'entraînement pour le 24e
RIMA de Perpignan.
Actuellement, l'ensemble du camp est en démolition. Toutefois, l'Armée
occupe l'un des îlot, et quelques bâtiments servent de "centre
de transit" pour les étrngers en situation irrègulière.
Deux stèles, sur le site même, rapellent les heures sombres
du camp Joffre.
Tous les Roussillonnais ont entendu parler du BABAU (prononcé BABAOU) et ne se privent pas de menacer les enfants de la voracité de ce monstre légendaire. On sait ou il s'est manifeseté, à RIVESALTES, il y a bien longtemps, mais en général peu de gens en connaissent davantage.
LE VIEUX RIVESALTES
Depuis quelques cinq cents ans, l'agglomération de Tura avec sa chapelle Saint-Martin, sur la rive gauche de l'Agly, trop sujette aux inondations a progressivement été abandonnée au profit de la rive droite ou une centaine de maisons se serrent à l'interieur d'une épaisse muraille de remparts qui, au Nord, dominent l'Agly, celle-ci renforçant la défense de la ville.
EL FORAT DEL FORN
La rivière avait son moulin,
la ville son four banal car peu de famille étaient assez fortunées
pour avoir le leur. Ce four avait été aménagé
dans l'épaisseur des murailles surmontant l'Agly percées en
divers endroits de trous permettant l'évacuation des eaux (eaux pluviales
et eaux ménagères) vers la rivière.
Mais tout à coté de ce four paroissial existait un trou bien
plus grand que les autres. C'est par là qu'on jetait les cendres,
les ordures, et même les bêtes crevées. En raison de
son emplacement on l'appelait tout simplement : "EL FORAT DEL FORN",
le trou du four...
ET UNE NUIT...
Les Rivesaltais devaient s'en souvenir
longtemps...
C'était dans la nuit du 2 au 3 Février 1290, une nuit sans
lune mais étoilée. Il gelait à pierre fendre, tout
était calme dans la petite ville endormie. L'époque était
paisible en Roussillon sous le règne du pacifique Roi Jaume II de
Majorque. La population reposait à l'abri des remparts dont les portes
avaient été fermées comme d'habitude.
Depuis des mois déja, il n'y avait plus de veilleurs aux tours, seul
Fardoli le Sereno, ponctuel, parcourait à pas lent les rues étroites,
se bornant de sa voix chantante à annoncer l'heure et le temps.
Il y avait bien un quart d'heure qu'à l'autre extrémité
du bourg on l'avait entendu proclamer "son las tres i sereno",
lorsque tout à coup, les voisins du four furent réveillés
par un grand bruit, un bruit affreux de pierres projetées avec force
comme si une maison s'était écroulée. Dans trois maisons
même, on eut l'impression d'un tremblement de terre.
Bientôt il y eu quelques cris d'enfants étouffés, des
pleurs et un grand hurlement rauque, puis, à nouveau, un tintamarre
de pierres qui roulent, et soudain le silence, un silence de mort.
Et c'est alors que le quartier put mesurer l'ampleur du désastre.
Au total six enfants avaient disparu, des tout petits, des bébés
et les clameurs des pauvres parents éplorés achevèrent
de réveiller le voisinage. On sonna le tocsin et bientôt, tout
RIVESALTES fut sur place.
Quelqu'un,quelque chose, une bête énorme à n'en pas
douter, était entré dans le "Forat Del Forn" agrandissant
le trou au passage, avaitdans leur sommeil, arraché de leur berceau
ou de leur petit lit les pauvres proies innocentes dont elle devait se repaitre
une fois revenu dans son antre...
La consternation, la désolation se lisaient sur tous les visages.
Le curé doyen renvoya à plus tard la procession de la Saint
Blaise qui devait se dérouler juste le 3 Février et annonça
pour le lendemain une cérémonie de prières à
la mémoire des innocentes victimes du fléau inconnu.
NOUVELLES VISITES
Deux nuits encore la bête sévit
etla peur fut à son comble. Le Batlle décida de rétablir
aussitôt les veilleurs sur les sept tours défendant la ville.
Tous les gardes étaient munis de lances, d'arbalètes, et avaient
d'amples provisions de flèches, de pierres et d'huile bouillante.
La bête revint. Imaginez d'abord un gros bouillonement d'eau remontant
d'aval en amont sur les eaux habituellement calmes de l'Agly, puis un bruit
de piétinement sur la berge avec comme un fracas de cascade du à
toute l'eau que le monstre soulevait en sortant de la rivière et
qui retournait à son lit.
Tous furent unanimes à estimer sa longueur aux environs de 80 à
100 pams de la tête à la queu ; D'après leur description,
l'allure générale l'apparentait à l'igouane préhistorique,
mais avec une bien plus grosse tête. Avec des yeux ronds énormes,
brillants et démoniaques comme ceux d'un chat, une mâchoire
puissante, des dents redoutables, un coup long, un corps épais terminé
par des doigts courbes et mobiles ornés de griffes impressionnantes,
le tout recouvert d'écailles affreuses et dures sur lesquelles les
flèches des veilleurs rebondissaient comme sur du roc.
Au batlle qui lui demandait la description de la bête qu'il avait
vue, l'un des veilleurs de la tour la plus proche du trou et qui était
devenu bègue de frayeur ne put qu'articuler "VAVAU" (prononcé
BABAU) c'est-à-dire, il a... il a... Le mot fit fortune et , depuis,
le monstre fut dénommé le BABAU.
LA CONTRE ATTAQUE
C'est le seigneur des Fraisses et
Périllos, GALDRIC TRENCAVENT qui devait tirer d'affaire les Rivesaltais.
C'était un fort bel homme, de haute stature, puissamment musclé,
chasseur intrépide, terreur des sangliers du voisinage ; il avait
en outre un joli talent d'arbelétrier. Il se proposa, pour tuer le
BABAU. Le batlle accepta avec joie et au cours d'une réunion mémorable
à laquelle participait GALDRIC, deux consuls et les conseillers,
on établit un plan minutieux. Dés la nuit suivante, il était
mis à execution.
Le "Forat Del Forn" fut dégagé de ses pierres et
un jeune porc attaché à une quarantaine de pams du trou comme
appât.
La quatrième nuit le bouillonnement des eaux attira l'attention des
veilleurs. GALDRIC, alerté, se plaça à bonne portée
du pourceau et vaillamment, attendit.
Du bruit sur la grève, un frottement puissant contre les murs, et
soudain la tête du monstre apparu jaillissant violemment du trou.
C'est au moment ou le BABAu se jetait sur le pourceau que GALDRIC, prompt
comme l'éclair, lui décocha une flèche qui pénétra
dans la gueule ouverte du monstre. Il ne fut pas pour autant tué
mais de la tour proche les veilleurs le virent agiter la tête avec
colère en tous sens pour essayer de se débarrasser du trait
qui meurtrissait sa gorge.
LA CUREE
A quelques temps de là, les
Rivesaltais apprirent qu'une sorte de monstre bléssé était
allé s'échouer près d'Ortolanes ou il était
mort d'épuisement.
Une délégation fut envoyée sur place, sous la conduite
du batlle. Il y avait le valeureux GALDRIC bien sur, et les mieux placés
des veilleurs, ceux qui pourraient le mieux reconnaître l'adversaire
des nuits d'épouvante.
Ils furent formels, c'était bien le BABAu, qui avait fini par succomber
aux blessures infligées par ses ennemis.
Pour que tous les habitants gardent un souvenir du monstre qui les avait
tant fait souffrir, la délégation ramena trois côtes
du BABAU.
Un efut exposée à l'église Sainte-Marie, une autre
à la chapelle Saint-André et la troisième constitua
le trophée que la population reconnaissante offrit à GALDRIC
TRENCAVENT au cours d'une fête mémorable qui débuta
par un Te Deum Somennel chanté en église Sainte-Marie. On
fit une procession d'actions de grâces, puis on dansa et fit ripailles,
le BABAU était enfin mort.
DE NOS JOURS
Une seule des trois côtes du
BABAU est parvenu jusqu'à nous, ce qui est déjà bien
extraordinaire après tant de siècles de vicissitudes.
Elle est actuellement exposée à l'office d'animation et du
Tourisme de RIVESALTES et les visiteurs peuvent l'admirer et évaluer
ainsi, les imposantees dimensions du BABAU.